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Rougeole 2012

La rougeole avait quasiment disparu en France mais a fait un retour en fanfare en 2008.
La rougeole est une maladie habituellement bénigne dans les pays occidentaux mais demeure, dans les pays en voie de développement, l'une des causes importantes de décès chez le jeune enfant, alors qu’existe un vaccin efficace.
Elle est très contagieuse, due à un virus qui se transmet facilement par voie respiratoire.
L’épidémie récente touche plus particulièrement les nourrissons de moins de 1 an et les jeunes adultes, nés après 1980.
Entre janvier 2008 et août 2012, près de 23 000 cas ont été declar2S, soit environ 5 fois plus qu’habituellement. Mais l’épidémie semble s’attenuer depuis fin 2011.
En France, la mortalité est d’environs 0,4/1 (8 décès entre 2010 et 2011).
Les patients les plus fragiles sont les patients immunodéprimés.
La région Midi-Pyrénée a été la plus touchée en France où seulement 75 % de la population est vaccinée. La quasi-totalité (96%) des cas rapportés n'a pas été vaccinée ou n'a reçu qu'une dose de vaccin (12%).

 

Description clinique

Il existe une période d’incubation, entre le moment du contage et l’apparition des premiers symptômes, d’environ 9 à 14 jours.

Les premiers symptômes ne sont pas spécifiques : fièvre, rhinopharyngite et conjonctivite.
Typiquement à l’examen à cette phase, on peut retrouver un signe souvent recherché rarement retrouvé, le signe de Koplick,: il est caractérisé par de petites blanchâtres sur fond rouge à l’intérieur de la joue.

Puis apparait l’éruption. Elle commence derrière les oreilles puis s’étend de la tête aux pieds.
Elle est constituée par des tâches rouges qui peuvent confluer d’où le nom de rougeole. Elle n’entraine pas de démangeaisons.
Lors de cette phase éruptive l’enfant n’est pratiquement plus contagieux.

Des complications peuvent survenir :
Otites (1 % des cas) et infections pulmonaires environ (5 %).
Une atteinte neurologique, rare mais grave (encéphalite) peut survenir. (16 cas en 2011 soit 1/1000 cas).

La vaccination

Elle a permis la quasi disparation des épidémies annuelles (hiver-printemps), mais la maladie n’a pas été éradiquée d’où l’épidémie récente.
Elle est réalisée avec un virus vivant atténué. Les contre-indications sont rares et précises : Déficit immunitaire, grossesse et injection d’immunoglobulines dans les 3 mois precedant.
Le nourrisson est théoriquement protégé par les anticorps maternels jusqu’à l’âge de 9 mois environ, raison pour laquelle la vaccination est souvent inefficace à cette période de la vie;  et c’est également en partie pour cette raison, qu’une seule injection de vaccin à l’âge de 1 an ne protège que 85 % des nourrissons. Une deuxième dose de vaccin est donc nécessaire afin que plus de 95 % de la population soit protégée.

En raison des 3 vagues épidémiques ces dernières années, les recommandations vaccinales sont actuellement:

Pour les enfants en crèche au contact d’un cas de rougeole :

Enfant de 6 à 8 mois : 1 dose du vaccin Rouvax dans les 72 heures suivant le contage présumé (Par la suite poursuivre la vaccination selon calendrier habituel).

Enfant de 9 à 11 mois non vacciné : Une dose du vaccin MMRvax ou PRIORIX dans les 72 heures suivant le contage présumé ; 2è dose entre 12 et 15 mois.

Enfant  et adulte de plus d’un an et né après 1980 : mise à jour du calendrier vaccinal pour atteindre 2 doses de vaccins.

L’éviction
Le sujet atteint : 5 jours comptés après le début de l’éruption
Enfant de parents qui refusent la vaccination : 15 jours à dater du contage.

La meilleure protection des enfants de moins d’un an reste la vaccination correcte de l’entourage, en particulier des parents.

Conclusion

L’épidémie semble s’atténuer et la rougeole reste une maladie bénigne en France
Mais, de part sa contagiosité, elle a touché un grand nombre de personnes dont beaucoup de nourrissons.
​La prévention repose sur la vaccination de toute la population afin d’éradiquer la circulation du virus.

Dr Michèle NOBLINS, pédiatre