Kid-Santé

Sommeil et sécurité

Prévention de la mort subite du nourrisson

La mort subite du nourrisson (MSN) est un drame familial insoutenable et injuste. Elle arrive sans prévenir et est redoutée par tous les parents et les professionnels de la petite enfance.
Elle reste la première cause de mortalité des bébés avant l’âge de 1 an.
Les campagnes de prévention lancées depuis 1994 recommandant de coucher les bébés sur le dos se sont accompagnés d’une baisse du nombre de décès de 70% entre 1993 et 2007 (1250 cas à 348 cas).
 
La mort subite du nourrisson est le décès brutal d'un tout-petit, jusque-là considéré comme étant en bonne santé, dans son sommeil. 90 % de ces décès ont lieu avant l'âge de 6 mois. Au-delà, le risque diminue mais persiste jusqu'à 18 mois.
 
On ne connaît pas la cause de la MSIN, mais différents facteurs de risque ont été identifiés :
 
Certains font actuellement l’unanimité : position ventrale, position sur le côté, mauvaise literie, environnement trop chaud, tabagisme maternel pendant la grossesse et à moindre degré tabagisme passif.
Les campagnes de prévention fondées sur la prévention de ces facteurs ont permis une diminution remarquable de l’incidence de la MSIN. Néanmoins, il faut peut-être nuancer l’enthousiasme suscité par ces campagnes de prévention, car pour certains auteurs, la poursuite de la baisse d’incidence des MSIN aux US ces dernières années, serait en grande partie due à un changement dans la façon de les rapporter et les répertorier (Am J Epidemiol 2006 ;163 :762-769).
 
D’autres facteurs sont l’objet de discussions controversées: il en est ainsi de l’utilisation des tétines et du fait de dormir dans le lit des parents.
 
Certains facteurs ne sont plus retenus : la prématurité, un antécédent de MSIN dans la fratrie, le fait d’être jumeau. Les vaccins ont été innocentés.
 
Les recherches futures devraient permettre de mieux identifier les facteurs de risque et les causes de la MSIN. Mais elles pourraient remettre en question des dogmes établis comme l’ont été tant de recommandations scientifiquement approuvées par le passé.
 
Recommandations pour le couchage
 
Coucher l’enfant sur le dos la première année de vie.
Eviter la position sur le côté, instable. 
Pendant les phases d’éveil, faire jouer le nourrisson sur le ventre.
Utiliser une literie avec des montants rigides, sur un matelas ferme adapté aux dimensions du lit, sans oreiller, ni couette, ni peluches trop nombreuses ou disproportionnées par rapport à la tête du bébé.
Maintenir la température de la chambre entre 18 et 20°.
Ne pas fumer dans la chambre.
 
Prévention de la tête plate (Plagiocéphalie)
 
La position sur le dos occasionne un risque d’aplatissement de la tête chez certains bébés (plagiocéphalie positionnelle en terme médical). Cette déformation inesthétique mais sans conséquence sur le cerveau est liée à la malléabilité des os du crâne chez le bébé. Elle est favorisée par un torticolis congénital qui conduit le bébé à tourner la tête toujours du même côté.
 
La plagiocéphalie peut-être évitée en plaçant l’enfant avec la tête tournée alternativement d’un côté ou de l’autre, en changeant périodiquement l’orientation de l’enfant par rapport à la lumière ou ses jouets et en positionnant le bébé en position ventrale pendant les périodes d’éveil. Les muscles du cou et du dos se renforçant avec l’âge, la plagiocéphalie s’atténue en général au cours de la première année.
 
Des mobilisations douces de la tête peuvent parfois accélérer la correction de la déformation. Le port d’un casque en vogue dans certains pays est assez contraignant.
 

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Naître et vivre

Dr Michèle NOBLINS, pédiatre, Charenton, Val de Marne