Kid-Santé

Laits "alternatifs"

Les laits dits « alternatifs » ne sont ni du lait maternel, ni préparés à partir du lait de vache. Ils sont très en vogue actuellement et certains exposent le nourrisson à des carences nutritionnelles. D’autres sont indiqués en cas de troubles digestifs avérés.
Par définition, un lait est secrété par les glandes mammaires des femelles des mammifères.
Les laits végétaux ne sont donc pas des laits mais des jus végétaux.
Le lait maternel est le lait le plus approprié aux besoins des nourrissons.
Les laits adaptés pour nourrissons sont pour la plupart préparés à partir du lait de vache. Quiqu’on en dise, Ils sont la meilleure alternative au lait maternel pour nourrir la majorité des nourrissons...

Laits végétaux

Le  mot « lait » est simplement utilisé pour rappeler la couleur blanche de la boisson.
La liste des laits végétaux est de plus en plus longue: à base de soja, de riz, d'avoine, d'amandes, de noisettes, de noix, de châtaignes, ou de noix de coco parmi les plus connus mais aussi de quinoa, de sésame, de tournesol, de millet, de chanvre, de souchet, d\'orge, de cacahuètes, de kamut, d'épeautre ou laits multi-céréales...
Ils sont en vogue notamment car ils ne contiennent ni lactose, ni caséine et sont riches en acides gras insaturés. Ils peuvent être proposés comme alternative au lait de vache chez l’adulte présentant une intolérance au lait de vache ou une hypercholestérolémie.
Mais ils ne répondent pas aux besoins physiologiques de l’enfant : 
Ils sont pauvres en calcium, en minéraux, en acides gras saturés, en fer et ne sont pas assez riches en protéines animales et en calories. 
Ils exposent à un risque non négligeable d’allergies alimentaires.
Les laits de soja ou lait de riz commercialisés en pharmacie et donc supplémentés, sont intéressants pour les enfants ayant des troubles digestifs.
Les hydrolysats de protéines sont prescrits en cas d’intolérance aux protéines de lait de vache. Ils sont remboursés par la sécurité sociale.
Les laits dits végétaux ne sont donc pas recommandés chez l’enfant de moins de 2 ans bien portant. Ils ne peuvent remplacer ni le lait maternel, ni les préparations lactées pour nourrissons, ni le lait de vache.

Laits de chèvre, brebis et d’ânesse

Le lait de chèvre expose à des carences en fer, vitamine A, C, D, B9 et B12 et contient par ailleurs trop de protéines.
Le lait de brebis est trop gras et trop riche en protéines.
​Du fait d’une grande parenté de certaines substances contenues dans ces laits et le lait de vache, si l’enfant est intolérant au lait de vache, il existe un risque non négligeable qu’il soit également intolérant à ces laits.
Le lait de jument et d’ânesse ont été longtemps utilisés en cas d’intolérance au lait de vache. Mais actuellement, ils ne présentent pas de garantie suffisante en matière de contrôle infectieux. Ils sont pauvres en graisse et trop riches en calcium.
Et le lait de poule ?

Conclusion 

Les laits alternatifs ne sont pas recommandés par les pédiatres chez l’enfant bien portant.
​Les préparations à base de soja, de riz commercialisés en pharmacie et les hydrolysats de protéines sont donnés sur prescription médicale.

Dr Michèle NOBLINS, pédiatre, Charenton, Val de Marne