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La fièvre

 
Le plus souvent anodine chez l’enfant, la fièvre n’en est pas moins ressentie parfois, comme une véritable urgence et constitue l’un des motifs les plus fréquents de consultation en pédiatrie. Accompagnant fréquemment une infection virale banale, la fièvre n’est qu’un symptôme banal. Néanmoins, associée au spectre d’une maladie sérieuse qu’elle révèle parfois, et à la hantise des rares convulsions fébriles, elle représente pour bien des parents, un symptôme chargé d’angoisse, symbole des épidémies d’autrefois.
La fièvre avait sa réputation et ses habitudes; elles ont été ébranlées par la mise la mise au point et les recommandations 2005. Mais les changements étant synonymes pour beaucoup, de rupture ou traumatisme, les nouvelles recommandations sont encore bien rarement appliquées.
Comment, quand son enfant est fébrile, ne pas se laisser dévorer par l’inquiétude sans pour autant être négligent ? Quand consulter ? Quels réflexes avoir ?
 
Définitions
 
La température normale d’un enfant varie entre 36 et 38° en fonction de son activité et des moments de la journée. La fièvre est définie par une température centrale supérieure à 38°C chez un enfant au repos et normalement couvert, dans une pièce tempérée (20–23°).
 
Comment prendre la température ?
 
La température de référence est la température rectale (37°C – 98°F). La température mesurée dans l’oreille, sur le front, ou sous l’aisselle ne sont pas assez précises. La température buccale est largement utilisée dans les pays anglo-saxons (36°), mais le délai d’attente de 2 min rend son utilisation difficile chez le jeune enfant.
 
Le traitement
 
Il a pour objectif d’améliorer le confort. En effet, les complications sont rares; les convulsions fébriles bien plus impressionnantes et spectaculaires que graves, surviennent chez seulement 2 à 5 % des enfants âgés de 4 mois à 5 ans avec un pic d’incidence entre 18 et 24 mois. Le risque est majoré si l’enfant a fait une première convulsion, mais il n’existe aucun traitement préventif.
La recherche d’une température normale (pyrexie) ne constitue donc pas un objectif, contrairement à l’inconfort induit par la fièvre et dont le soulagement est justifié.
 
Des mesures simples
Proposer à boire régulièrement, ne pas couvrir l’enfant, aérer la pièce dont la température doit être autour de 20°C. Les autres mesures « traditionnelles » (déshabillage, bain frais) ne sont plus préconisées : elles sont peu efficaces et désagréables .
 
Les médicaments
Trois molécules d’efficacité identique sont fréquemment utilisées en France :
Paracétamol
Ibuprofène
Aspirine 
 
Le choix du médicament est orienté par ses effets indésirables :
L’utilisation d’aspirine a diminué ces dernières années en raison du risque, exceptionnel mais grave de syndrome de Reye (atteinte hépatique).
L’ibuprofene ayant été invoqué dans l’aggravation de lésions infectieuses de la peau et des tissus mous, est à éviter en cas de varicelle.
Le paracétamol est actuellement le plus prescrit, ayant très peu d’effets indésirables aux dose normales chez l’enfant en bonne santé, qui ne présente pas de maladie du foie.
L’Afssaps recommande de n’utiliser qu’un seul médicament, car, selon des publications récentes, associer 2 médicaments n’apporte pas de bénéfice, et risque de majorer les réactions d’intolérance. Ainsi, le paracétamol seul, doit être utilisé en première intention.
Il faut respecter les posologies prescrites et n’utiliser en cas de solution buvable que les pipettes prévues pour chaque médicament.
 
Les doses
Paracétamol  (Doliprane, Efferalgan, Daffalgan): 60 mg/k/jour, en 4 prises
Aspirine (Aspégic, Catalgine, Solupsan) : 50 mg/k/j en 4 prises
Ibuprofène (Advil, Nureflex): 30 mg/k/j en 3 prises (nourrisson de plus de 6 mois)
Chaque présentation (sirop, sachet, suppositoire) a ses avantages et ses inconvénients : la forme orale est habituellement recommandée, en raison d’une meilleure absorption du principe actif; mais en cas de vomissement, ou du refus d’avaler, les suppositoires peuvent être utilisés (ils sont dans ces cas bien sûr plus efficaces que la forme orale).
 
Quand consulter un médecin ?
 
  • Moins de 3 mois  
Un nourrisson de moins de 3 mois qui présente une fièvre supérieure à 38°C doit consulter rapidement un médecin, la recherche la maladie qui l’a provoquée, souvent une infection bactérienne, étant impérative.
 
  • Entre 3 et 6 mois 
Une fièvre supérieure à 38°5C, pendant quelques heures malgré un traitement bien conduit, surtout si le nourrisson présente un comportement inhabituel (voir plus loin), doit faire consulter le jour même.
 
  • Après 6 mois
Consulter un médecin si la fièvre augmente, si elle dure depuis plus de 2 jours, si l’enfant semble douloureux, ne joue plus, est anormalement calme ou pâle, a des vomissements, du mal à respirer, des frissons.
 
En pratique 
 
Posséder un thermomètre rectal
Prendre la température rectale avant la prise de médicament
La fièvre = température > à 38° C
Dévêtir légèrement l’enfant
Maintenir la température de la pièce à environs 20 °c
Proposer à boire un peu plus souvent que d’habitude
Médicament : commencer par Paracétamol (Doliprane, Daffalgan, Efferalgan)
Présentations adaptées à l’âge - 15 mg / kg toutes les 6 heures
 
Dr Michèle NOBLINS, pédiatre, Charenton, Val de Marne