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Allergies alimentaires : actualités

Les aliments les plus souvent en cause, sont l’œuf, l’arachide et la moutarde chez l’enfant, les protéines du lait de vache chez le nourrisson.
On estime qu’un enfant sur 100 souffre d’une allergie à l’arachide ou aux fruits à coque (noix, noisettes).
 
L’éviction de l’aliment est nécessaire si l’allergie est prouvée, ce qui n’est pas toujours facile. Le degré d’éviction varie selon la sévérité de l’allergie et l’âge de l’enfant.
 
Il existe également de fausses - allergies alimentaires déclenchant une urticaire. Elles sont dues à la libération d’histamine ou de produits qui libèrent de l’histamine (œuf, tomate, poisson, roquefort, brie, fraise, chocolat…). Dans ces cas, il suffit de limiter la consommation de ces aliments.
 
L’allergie à l’arachide
C'est l’allergie la plus fréquente chez les enfants de plus de 3 ans.
Elle peut entraîner des réactions sévères
Elle guérit dans 20 % des cas. Dans 50 % des cas, elle s’améliore, la quantité d’arachide pour déclencher des signes augmentant.
Le degré d’éviction varie selon la sévérité de l’allergie et l’âge de l’enfant. L’huile d’arachide raffinée non chauffée peut dans certains cas être consommée.
Il existe des réactions croisées entre l’arachide et les fruits à coque (noix, pistache, noisette, noix de pécan, noix de cajou).
 
L’allergie à l’œuf
Elle disparait vers l’âge de 3 ans dans environs 70 % des cas.
Le blanc d’œuf est plus allergisant que le jaune. Les œufs cuits sont mieux tolérés que les œufs crus.
Les vaccins préparés sur œuf embryonné de poule (grippe, oreillons, fièvre jaune) peuvent être réalisés chez l’enfant allergique à l’œuf sauf si l’allergie est sévère.
Les recommandations 2010  proposent  d'introduire les œufs cuits, à partir de 4 à 6 mois. Ceci aurait un rôle protecteur contre l'allergie à l'œuf, mais également peut être contre l'allergie alimentaire en général.
 
L’allergie aux protéines du lait de vache.
Elle est le plus souvent due à la caséine et la lactoglobuline
Les symptômes sont variables:
Typiquement ils surviennent immédiatement lors de l'introduction du lait de vache: urticaire aigüe (exceptionnel choc anaphylactique), vomissements, diarrhée au moment du sevrage.
Souvent la symptomatologie est moins bruyante, moins spécifique, marquée par un inconfort digestif, des régurgitations, des pleurs inexpliqués, un ralentissement staturo-pondéral, une poussée d'eczéma, des signes respiratoires. Ces symptômes s'améliorent avec un régime sans PLV.
Les tests sanguins et cutanés, parfois d'interprétation difficile doivent être lus par des spécialistes avertis.
L’allergie aux protéines du lait de vache nécessite de nourrir le nourrisson avec un hydrolysat poussé de lait de vache où les protéines ont été découpées et ont perdu leur pouvoir allergisant. Dans de très rares situations, il faut utiliser un lait de synthèse à base d’acides aminés. Elle disparait dans plus de 80 % des cas vers 1 ou 2 ans.
Diverses méthodes de réintroduction des PLV sont décrites et réalisées progressivement sous surveillance médicale, parfois en milieu hospitalier.
 
Conclusion
 
L’acquisition de la tolérance est devenue le leitmotiv de la prévention des allergies.
 
La diversification alimentaire doit être commencée entre 4 et 6 mois avec des aliments riches en fer (œuf, viandes) et en acides gras polyinsaturé à longue chaîne (œuf, poisson gras). Le gluten peut être introduit entre 4 et 7 mois. Ainsi ce qui était préconisé il y a une vingtaine d'années est de nouveau actuel
En cas d'allaitement maternel, un régime chez la mère, tant pendant la grossesse que l'allaitement est inutile. Un lait maternisé de complément est parfois nécessaire lorsque la courbe pondérale du nourrisson n'est pas satisfaisante. Différents laits maternisés peuvent être proposés (hydrolysats ou formule standard).
 
L’éviction d’un allergène en cas d’allergie authentifiée est nécessaire mais doit être prescrite avec tact et mesure.
Dans certaines situations, un régime strict pourrait même aggraver l’allergie alimentaire. Un régime moins restrictif, apportant la quantité d’aliment qui ne déclenche pas de réaction (la dose réactogène cumulée) a ainsi l'avantage d'être moins contraignant et mieux accepté et pourrait même favoriser la guérison de l'allergie.
En cas de sensibilisation alimentaire, sans manifestation d’allergie, le régime d’éviction est inutile, parfois néfaste entraînant une perte de tolérance vis-à-vis de cet aliment.
 
Bibliographie
 
Allergies alimentaires: des progrès importants - E. Bidat - Médecine et enfance - octobre 2010
 
Dr Michèle NOBLINS, pédiatre, Charenton, Val de Marne